Les
congresmen qui ont assisté à cette audition comme les
panélistes qui y ont participé ont tous convenu qu'une
solution politique négociée entre les trois parties au
conflit est l'unique option pour résoudre la question et
sortir de l'impasse
L'audition qui
s'est tenue dans une salle comble en présence de neuf
membres du sous-comité et qui a été marqué par des moments
fort émouvants a débuté par les allocutions d'ouverture des
membres du sous-comité, notamment le président du
sous-comité, Chris Smith, républicain du New Jersey, et le
chef de file des démocrates au sein du comité, Donald Payne,
lui aussi du New Jersey.
Les dirigeants du
sous-comité ont mis en relief les relations séculaires
importantes existant entre le Maroc et les Etats-Unis,
reconnaissant le Maroc comme un allié important des
Etats-Unis en Afrique et dans le monde.
Le Congresmen républicain du Colorado, Tom Tancredo, a
souligné que le Maroc ''est un pays qui va dans la bonne
direction, pour les bonnes raisons'' et que son gouvernement
''est un bon gouvernement''.
''Les Etats-Unis
n'ont pas de meilleur ami ni de plus constant allié dans le
Maghreb, en Afrique du Nord et dans le monde arabe que le
Maroc'' a souligné de son côté le Congresmen Républicain de
Floride Lincoln Diaz-Balart dans son témoignage devant le
sous-comité.''Nous ne devons pas oublier non plus que le
Maroc continue d'être la voie de la modération et du
pluralisme démocratique dans le monde islamique'', a martelé
M. Diaz-Balart, qui est président du Morocco Caucus au
Congrès américain.
''Je crois que l'insistance du Maroc sur la question de son
intégrité territoriale au Sahara est d'une importance vitale
non seulement pour la sécurité nationale du Maroc mais
également pour la sécurité des Etats-Unis et de nos alliés
européens'', a affirmé le Congresmen qui a déploré le fait
qu'en dépit des efforts des Nations Unies et de la
communauté internationale, des milliers de familles
continuent de souffrir dans les camps du +polisario+ dans la
région de Tindouf en Algérie.
A cet égard, il a appelé le sous-comité à organiser une
réunion sur la pratique +du polisario+ de séparer de force
les familles. Soulignant que la question du Sahara doit
nécessairement être résolue, M. Diaz-Balart a fait remarquer
que ''le Maroc a réitéré qu'il consentait à aller à la table
(des négociations) dans le but de trouver une solution
raisonnable à ce problème''.
''Il est temps pour le Maroc et l'Algérie de s'asseoir et de
trouver une solution politique à cette question qui a trop
duré'', a dit le congresmen Diaz-Balart appelant à fournir
aux habitants du Sahara ''un mécanisme pour une autonomie
réelle et profonde, en respect total de la souveraineté et
de l'intégrité territoriale du Maroc''.
Faisant écho au
congresman Diaz-Balart, l'ancien représentant spécial du
secrétaire général de l'ONU au Sahara, M. Erik Jensen, a lui
aussi souligné le rôle du Maroc dans la promotion de la
stabilité en Afrique du Nord et la nécessité de régler ce
conflit qui demeure ''le plus grand obstacle à la stabilité
et au développement de la région''.
''Le temps est arrivé pour une solution politique négociée'',
a affirmé M.Jensen dans son témoignage devant le sous-comité,
estimant que ''les Etats-Unis peuvent aider à ce que cela
advienne''.
Evoquant les conditions dans les camps à Tindouf, M. Jensen
a souligné que ''des milliers de Sahraouis vivent dans des
camps de réfugiés dans des conditions d'extrême privation et
n'ont pratiquement aucune opportunité pour un travail
rémunérateur et aucune perspective''.
Insistant qu'une solution politique négociée, où une large
autonomie régionale serait accordée au Sahara, constitue
''la solution la plus crédible'' et serait dans l'intérêt de
tous, M. Jensen, dont les propos semblaient trouver écho
aussi bien parmi les membres du sous-comité que parmi la
nombreuse assistance, a expliqué que cette solution, qui
mettrait autour de la table le Maroc, l'Algérie et le "polisario"
''reconnaîtrait des réalités politiques plus larges,
faciliterait l'intégration du Maghreb, et consoliderait par
conséquent le développement économique et social et les
alliances sécuritaires ce qui n'est pas seulement la
meilleure arme dans la guerre contre le terrorisme, a-t-il
dit, mais également un moyen pour consolider davantage la
démocratie et aborder les sérieux problèmes de l'émigration''.
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Après les témoignages faits par le Sénateur James Inhofe, le
Congresman Diaz-Balart, M. Gordon Gray, vice-secrétaire
d'état adjoint pour les affaires du Proche Orient, Toby
Shelley, journaliste au Financial Times à Londres, M.Frank
Ruddy, ancien vice-président de la commission
d'identification de la MINURSO, et M. Erik Jensen, ce fut au
tour de M. Ali El Jaouhar de prendre la parole pour faire un
témoignage poignant sur ses 23 années de détention dans les
geôles du polisario et de l'Algérie.
Le Lieutenant Ali El Jaouhar a décrit les formes de tortures
et d'exactions qui lui étaient quotidiennement infligées
ainsi qu'à ses co-détenus, faisant pleurer nombre de
personnes qui se trouvaient dans la salle, et soulevant la
question de savoir comment le "polisario", auteur de tant
d'atrocités, pourrait être chargé par la communauté
internationale degérer un état
''La torture, la privation, l'humiliation. C'était mon pain
quotidien pendant 23 années de ma vie et certains de mes
amis étaient torturés jusqu'à la mort.
D'autres étaient jetés dans des trous et abandonnés sans eau
ni nourriture'', a déclaré Ali El Jaouhar dans un témoignage
entrecoupé de sanglots à l'évocation de l'ami brûlé vif, ou
de celui qui a été sciemment écrasé par un camion,
simplement pour avoir atteint un seuil d'exténuation où il
ne pouvait plus accomplir le travail forcé qu'exigeaient les
geôliers.
Les congresmen Smith et Payne ont tous deux encouragé le Lt
El Jaouhar-- qui avait déploré que les tortionnaires du +polisario+
n'aient jamais été inquiétés et qu'ils soient toujours
libres en train de torturer d'autres-- à chercher à ce que
les torts qui ont été infligés aux prisonniers marocains
soient redressés devant la Cour Internationale de Justice.
Le sous-comité a abordé en plus des violations des droits
humains commises par le +polisario+ la corruption qui sévit
dans ses rangs et les détournements opérés par ses membres.
Le Congresman Diaz-Balart qui a ainsi dénoncé la déportation
des enfants Sahraouis à Cuba à des fins d'endoctrinement
politique et d'entraînement militaire a indiqué avoir
rencontré un nombre de jeunes Sahraouis qui avaient été
arrachés à leur famille à un jeune âge et envoyés à Cuba
pour de longues années d'endoctrinement. ''Des milliers de
jeunes, séparés de leurs familles, se trouvent en ce moment
même dans les écoles d'endoctrinement à Cuba'', a fait
remarquer le congresman.
En appelant les Etats-Unis à intervenir pour mettre fin aux
pratiques du +polisario+, le lieutenant Ali El Jaouhar a
déclaré que le +polisario+ forçait les détenus à charger
l'aide internationale accordée par l'Allemagne et l'Union
Européenne dans camions, pour l'écouler dans les pays
voisins. ''+Le polisario+ vole l'aide internationale
destinée aux affamés, et l'argent va dans les poches de ses
dirigeants'', a dénoncé l'ancien prisonnier.
Le Congresman démocrate de Californie, Brad Sherman, qui est
membre du sous-comité, a qualifié ''d'absurde'' l'objectif
du +polisario+ de créer une ''entité indépendante'' de
75.000 personnes, soulignant que ce nombre est inférieur à
la population de sa propre circonscription. Le Congresman
Sherman a également attiré l'attention du sous-comité au
chantage du +polisario+ qui menace de continuer à commettre
des actes terroristes jusqu'à ce que les Nations Unies lui
offre un territoire.
Des actions terroristes par le +polisario+ à l'encontre du
Maroc, des Etats Unis ou de tout autre allié ne feront
qu'entraver une solution équitable à la question du Sahara,
a insisté le congresman Sherman.
Les participants à cette audition qui a duré presque trois
heures ont souligné la nécessité de trouver un règlement
pacifique à la question du Sahara, ajoutant qu'une telle
solution devra garantir la sécurité et la stabilité de
l'Afrique du Nord et le développement économique de la
région.
Dans une déclaration du gouvernement marocain déposée comme
document officiel à cette audition, le Maroc a réitéré sa
détermination à trouver une solution durable au conflit du
Sahara, une solution qui respecte les principes de la Charte
des Nations Unies et le droit souverain du Maroc à son
intégrité territoriale et unité nationale.
''le Maroc est très désireux de voir ce conflit résolu le
plus rapidement possible pour mettre fin aux souffrances de
milliers de familles vivant dans la région, et pour créer de
meilleures conditions de stabilité, de sécurité et de
prospérité pour l'ensemble de la région du Maghreb'',
souligne la déclaration, indiquant que le Maroc a clairement
fait savoir qu'il était prêt à participer à des négociations
politiques directes avec l'Algérie, comme l'appel en a été
lancé par le Conseil de sécurité, le secrétaire général de
l'Onu et les dirigeants du monde aux Etats-Unis, en France,
en Espagne et ailleurs.